Les données, l’économie de la connaissance et OKP4

13 Mar 2020Dossier

Les données sont désormais accessibles, de façon permanente, sous des flux très importants. La convergence entre l’IoT, le big data, les blockchains et l’Intelligence Artificielle entraîne de nouvelles opportunités, augmente le champ des possibles et nous pousse à appréhender les données et leurs échanges sous un nouveau jour.

Aujourd’hui, les initiatives de places de marché de la donnée, de plateformes d’échanges restent, hétérogènes, dispersées et cloisonnées. La production des données se fonde sur des systèmes d’informations propriétaires. Chacun agit dans son coin pour accumuler le plus de données possibles sans être en mesure de saisir toute la potentialité de leur valeur…il n’y a pas assez de fluidité dans le partage des données. Elles sont perçues et traitées comme des matières premières. Cette perception favorise leur thésaurisation et limite leur exploitation et leurs échanges.

Non, la donnée n’est pas le pétrole du XXIème siècle !

Une nouvelle approche de l’économie

Pour appréhender correctement ces nouvelles richesses, il nous faut une nouvelle approche, différente de celle que nous utilisions pour les matières premières comme le pétrole base de l’économie des siècles passés. Il nous faut envisager leurs échanges, leurs réglementations sous un nouveau jour, avec un nouveau paradigme.

Le sociologue Dominique CARDON nous rappelle que « Internet est né des besoins de ses inventeurs, essentiellement des chercheurs et des informaticiens, valorisant une culture de l’échange et de la coopération au détriment des règles de centralisation, de hiérarchisation et de sélection… » – La démocratie Internet. Promesses et limites (Seuil – La république des idées) .

Et si nous revenions à ces fondamentaux en ce qui concerne le nouveau paradigme économique qui doit nous permettre d’exploiter au mieux ces ressources que sont les données ?

La technologie des blockchains et des smart-contracts est en mesure d’apporter des solutions concrètent et fiables aux échanges de données et au développement de la connaissance.

Nous visons à établir un cadre de confiance le plus large possible pour faciliter et favoriser les échanges de connaissance.

Nous avons décidé de créer Open Knowledge Platform For car nous croyons au paradigme de l’économie de la connaissance :

  • Une économie fondée sur le cadre d’échange le plus large possible
  • Une économie à somme positive où 1+1=3
  • Une économie circulaire à croissance infinie

L’économie de la connaissance, nous permet de voir les échanges sous un jour nouveau. Alors que les échanges de matières premières sont à sommes nulles : La transaction qui marque l’échange d’un baril de pétrole contre des billets de banque ou des cacahuètes fait qu’une chose remplace l’autre ; l’échange de connaissance est à somme positive. Le fait d’échanger de la connaissance n’empêche pas de la conserver et de continuer à l’utiliser, d’en bénéficier… Je l’échange, mais je la garde… Nous avons même un phénomène qui fait que la connaissance échangée et ajoutée à la connaissance de mon interlocuteur va créer une tierce connaissance. 1+1=3.

Considérons la donnée comme de la connaissance. Le fait d’échanger les données que je possède avec un tiers ne me fait pas perdre ces dernières. L’agrégation de mes données à celles du tiers va créer un ensemble de métadonnées auxquelles je pourrais de nouveau avoir accès et ainsi de suite… A l’infini… Il y a là une opportunité pour sortir du monde fini et entrée dans le monde infini de la connaissance.

Plus les échanges de données seront fluides et rapides, plus les connaissances se développeront.

Nous mettons techniquement en oeuvre un protocole basé sur la technologie blockchain et les smart-contracts qui permet de gérer le consentement et la valorisation de la données et ainsi d’en libérer les échanges tout en rétribuant les différents contributeurs.

La technologie que nous déployons permet aux différents contributeurs de jouir à chaque niveau de la chaîne de connaissance du triptyque « usus, abusus, fructus » pour les données partagées.

Nous avons choisi une démarche de développement sectorielle. Et nous commençons avec l’agriculture, car il s’agit pour nous d’un secteur stratégique. Nous avons des projets similaires dans la santé et dans la finance notamment.

OKP4 dans le monde agricole a vocation à :

  • d’une part faciliter les échanges de données entre les différents opérateurs, et en premier lieu les plateformes de services OAD, tout en permettant aux contributeurs et notamment les agriculteurs d’avoir la main sur le consentement de leur données ; 
  • et d’autre part organiser une place de marché et d’échanges des données agricoles avec une rétribution par ruissellement de l’ensemble des contributeurs (étant entendu que l’économie de la connaissance fait que la valeur de la métadonnée issue de l’agrégation de plusieurs données est supérieure à la somme des valeurs de chaque donnée qui la compose).

Une révolution ? Ridicule ! Dangereux !… Évident !

Idriss ABERKANE le très médiatique conférencier et essayiste nous a beaucoup inspiré avec ses conférences sur l’économie de la connaissance. D’après lui les idées révolutionnaires passent par trois étapes. Tout d’abord on les trouve ridicules, puis dangereuses et enfin elles s’imposent comme une évidence… Envisager les données dans le cadre de l’économie de la connaissance semble un peu ridicule non ? voire dangereux ?…