Partager mes données, oui mais à quel prix ?

24 Avr 2020Dossier

On l’entend de plus en plus souvent, les données sont au cœur de tous les grands enjeux des nouvelles technologies, que ce soit le Big Data, l’Intelligence Artificielle (Machine Learning, Deep Learning) et d’autres encore. La base de toutes ces technologies ce sont les données, leur analyse, leur interprétation et bien entendu les prédictions plus ou moins précises que l’on peut en tirer. 

L’agriculture n’y fait pas défaut et les nombreux outils numériques et connectés et qui se développent utilisent les données des exploitations pour proposer des services aux agriculteurs, aux coopératives, aux conseillers agricoles, etc. Nous sommes encouragés au quotidien, que ce soit dans la vie professionnelle et personnelle, à partager nos données pour toute une panoplie de services. Comment être certain de l’utilisation qui sera faite de mes données ? Ne pourrait-il pas y avoir une contrepartie à leur utilisation ? OKP4 accompagne les opérateurs de données agricoles à y voir plus clair dans la gestion de leurs données et dans les interactions entre les différents outils qui sont à leur disposition mais rarement interopérables.

Le consentement, fondation de l’utilisation des données

Les différents outils connectés sur les exploitations, les systèmes informatiques embarqués, les logiciels de gestion de l’exploitation, tous ces outils doivent être transparents sur la façon dont ils utilisent les données, si elles sont transférées à des tiers, si elles sont utilisées dans d’autres outils, etc. Pour chaque usage, dans l’idéal l’utilisateur devrait donner son autorisation, son consentement. Celui-ci devrait ainsi être respecté tout au long des différents process auxquels les données sont soumises, afin de garantir une utilisation des données conforme au souhait de l’utilisateur. C’est souvent les conditions générales de vente ou d’utilisation qui précisent ces éléments. Or qui les lit dans le détail ? Ainsi, un consentement (implicite) est accordé à des usages pas forcément souhaités (revente de données, locations de fichiers, etc.). Différents partenaires du monde agricole travaillent actuellement à la réalisation d’un outil permettant de faciliter et de rendre accessible, à tous, la gestion des consentements, le projet MULTIPASS qui va être repris dans son exploitation par le AgDataHub et dont OKP4 va être partenaire.

Un outil pour protéger les données personnelles des utilisateurs au niveau européen, le RGPD

Le RGPD ou Règlement Général pour la Protection des Données, est un texte entré en vigueur en mai 2018. Ce nouveau règlement européen s’inscrit dans la continuité de la Loi française Informatique et Libertés de 1978 et renforce le contrôle par les citoyens de l’utilisation qui peut être faite des données les concernant. Il harmonise les règles en Europe en offrant un cadre juridique unique aux professionnels. Il permet de développer leurs activités numériques au sein de l’UE en se fondant sur la confiance des utilisateurs. C’est une des réglementations les plus protectrices des utilisateurs au monde. Est-ce que les données agricoles rentrent dans les données personnelles ? La question mérite d’être soulevée au vu de la sensibilité de certaines données. Pour éclairer les agriculteurs et les fournisseurs de services, la FNSEA et les JA sont à l’initiative de la Charte DataAgri qui pose un certain nombre de conditions à l’utilisation qui est faite des données des agriculteurs.

La charte DataAgri, un label pour guider les agriculteurs

La charte DataAgri proposée par la FNSEA en lien avec des entreprises innovantes du monde agricole permet de labelliser les entreprises qui décident de se conforme à certaines bonnes pratiques de l’utilisation des données, organisées autour de 13 principes regroupés en 4 piliers.

  • Lisibilité pour l’agriculteur
  • Transparence
  • Maîtrise de l’usage par l’agriculteur
  • Sécurité

Un prestataire de service innovant labellisé DataAgri vous garantit une transparence et une sécurité sur l’utilisation qui sera fait de vos données. L’objectif est bien entendu d’encourager un maximum de fournisseurs du monde agricole à se faire labelliser afin d’avoir un écosystème des données agricoles transparent et facilement lisible par les agriculteurs. C’est également la finalité du projet AgDataHub, qui vise à encourager le partage de données au sein du monde agricole.

Et la contrepartie dans tout ça ?

Enfin un point qui est pour le moment peu abordé quand on parle d’utilisation des données est la contrepartie liée à l’utilisation de ces données. En effet ces données, bien utilisées, contextualiser et agrégées avec d’autres données, vont pouvoir fournir des indicateurs pertinents pour différents opérateurs et ainsi dégager une valorisation supplémentaire ou des économies. Il semblerait donc logique que les fournisseurs de ces données, puissent recevoir une contrepartie de cette valeur, sous une forme ou sous une autre, pour avoir fourni ces données.

OKP4 pour allier respect des consentements, rétribution, partage et sécurité

OKP4 propose un protocole qui permet, en plus de fournir un cadre entièrement sécurisé respectant les consentements, de rétribuer les différents contributeurs à la création de ces indicateurs, de cette connaissance. Basé sur un système Blockchain, il permet de pondérer l’apport de chaque données à la création de connaissance. Cette rétribution prend la forme de jeton dans un premier temps qui peuvent ensuite être convertis sous différentes formes (monétaire, accès préférentiel à des services, conseils personnalisés, etc.).

OKP4, au travers de son protocole permet ainsi à des opérateurs de filières (coopératives, négoces, centres techniques, etc.) de créer des écosystèmes sécurisés, transparents, respectant les consentements et encourageant le partage de données avec un seul objectif : passer à une agriculture de la connaissance !